bab, bab, bab, bab… BAB AL SHAMS !

31 mai 2014
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Si on reste 3 semaines non-stop à Dubaï, on n’a plus qu’une idée en tête : en SORTIR.  On m’avait prévenue, ici, il va faire chaud  à fondre tel un carré de chocolat au bain-marie.  « Tu vas voir ce que tu vas voir, en été, ça va être l’enfer ».  « Quouâââââ ? Tu n’as donc pas 3 mois de vacances sur juillet-août-septembre, pour rentrer en France et éviter la sueur et la liquéfaction? », s’interloquent certaines « Jumeirah Janes », un petit sourire sadique coincé à la commissure des lèvres…  Benh non !  Je suis en probation, mouâââ ! Pas une demande de congés avant la fin des 6 mois d’essai et encore…  « Haraaaam ! » comme diraient certains (ça c’est pour vous, Ben & Dada).

« Jumeirah Jane ».  Définition : « femme-de » insatisfaite au porte-monnaie néanmoins bien garni ; ex-pat choyée vivant à Jumeirah et dont l’ultime vocation est le shopping ;  mammifère râleur sans profession et sans contrainte ; toute personne qui a des soucis du type « ma femme de ménage est TROP une feignasse », « mon vernis a du mal à sécher avec l’humidité », « non mais, ces caissières qui mélangent les légumes avec le shampoing en rangeant les commissions dans mes sacs Spinney’s »…  Allô, ALLÔ, ALLÔÔÔ, quoi !

Mea culpa, mais il y a peu, nous avons un peu fait nos   »Jumeirah Janes » en fuyant la ville, transpirante d’énergie, au bitume chaud, humide et fumant. Ciao, les embouteillages sur Sheikh Zayed Road ! Ciao, les feux rouges !  Ah!  Les feux, il n’y en a pas beaucoup, mais quand il y en a !  D’abord, ils ont la fâcheuse manie de se mettre au rouge (ça s’appelle la loi de l’emmerdement maximal – dixit le Paternel) et ensuite de durer quatre plombes.  Non mais VRAIMENT : j’ai chronométré celui du bout d’ la rue, qui m’agace chaque matin parce que, BIEN SÛR, je suis en retard, et il dure 7 minutes.  7.  Ou comment bien s’énerver avant d’arriver au taf, mais alors comme il faut!

Bref.  C’est quand on est prêt à disjoncter après des semaines de travail bien aiguisées, en mode « je-suis-un-professionnel-inch-allah », qu’on a besoin de NATURE.  Et la nature, c’est quoi ici ?  C’est (roulement de tambour)………..  LE DÉSERT.  Le vide pour faire le vide.  Du sable, du sable, du sable, des dunes, des dunes, des dunes et au milieu coule…  une piscine.

Bab al Shams

Pour de vrai !  Et c’est pas un mirage !  A 40 minutes de Dubaï, un hôtel.  Bab al Shams (en arabe, cela veut dire « la porte du soleil »), et une immense piscine qui joue les oasis et se prélasse d’un bassin à l’autre, d’un bain à bulle à un pool bar, et le pool bar, on AIME !  Surtout quand on est en pension complète, avec nourriture, boissons et vin à volonté.  J’ai toujours trouvé que la pension complète c’était un peu plouc, mais franchement, ça a du bon.  Le choix au menu est réduit (c’est pas plus mal : les décisions cornéliennes entre houmous et labneh sont moins difficiles à prendre), et il faut pouvoir tenir le seul Sauvignon blanc qu’ils proposent à coup d’Advil, mais c’est bien sympa d’être pris en charge, du début à la fin, et de ne RIEN faire.  RIEN. ZERO. ZILTS. NADA. CANETTE ZBOUB !

Bab al Shams

Un tour entier de cadran et on n’a RIEN fait du tout.  C’est pas souvent et mon Dieu que c’est bon.  Rien, à part se passer de l’écran total pour éviter l’inéluctable séance de Biafine du soir.  Même pas besoin de réfléchir à ce qu’on va s’mettre sur le dos: ici l’uniforme c’est pas l’abaya, mais le maillot, et avec le moins de tissu possible, le maillot !  Le staff est pas pressé et franchement très sympathique, drôle, comme si eux aussi étaient en vacances.  Pourtant, ils sont loin de l’être.  Quand certains se baignent, d’autres tondent le gazon kikuyu en plein cagnard, en manches longues pour se protéger du soleil.  Certes, il fait moins humide dans le désert, mais les températures sont bien les mêmes…

A Dubaï, le rappel à la réalité n’est jamais bien loin.  On a beau se dire que c’est chacun son tour, que demain, nous aussi, nous travaillerons…  Nos bureaux sont agréables, lumineux et climatisés.  Alors voilà.  Un weekend a recharger les batteries, pour se rappeler qu’il faut ne faudrait jamais se plaindre.  Que le travail, c’est pas drôle et ça, c’est pas nouveau, mais qu’on a bien d’la chance de travailler dans de bonnes conditions.  Contrairement à tant d’autres.  C’est bête.  C’est de la philosophie de comptoir.  JE SAIS.  Encore ne faudrait-il pas l’oublier.

« La reconnaissance est la mémoire du cœur » - Hans Christian Andersen.

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