Du chameau à La Chèvre

28 juillet 2016
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Des sables de Dubai aux hauteurs d’Eze Village…  où comment passer du chameau à « La Chèvre ».

C’était il y a 3 ans maintenant, un jour de printemps au restaurant L’Oasis.  Téléphone. Guillaume qui nous prévient : « Nous avons été inspecté par le Guide aujourd’hui.  Attendez-vous à une visite surprise aussi . »  Guillaume est un ancien confrère des années Llorca aux Belles Rives, où il officiait en salle sous le sourire du mythique Monsieur Guy.  Voici qu’il appelait des hauts d’Eze.  Surprise.  Car je croyais notre sosie de Sarkozy  à Dubai…

Château de la Chèvre d'Or

Et voilà comment j’ai fait mes premiers pas dans le sable.  Sur le coup de fil d’un vieil ami, fraîchement rentré des Emirats, retrouvé grâce au Guide Michelin…  qui me rencardait sur un poste face au Burj al Arab (bon, en soit, on peut pas dire que ça ait été une grande réussite, mais une mise à l’étrier dans un pays étranger, ça n’a pas de prix).

Hasards de la vie, coïncidence, chance aussi.  3 ans plus tard, presque jour pour jour, nous avons retrouvé Guillaume et la cité médiévale d’Eze, gravi les étroits escaliers, les chemins sinueux qui mènent à une maison de légende, le Château de la Chèvre d’Or, une des 6 étapes de la « Route du Bonheur » créée en 1956 par Marcel Tilloy et à l’origine de l’association des Relais & Châteaux.

Légende.  Animal légendaire, oui !  Mais d’où vient cette biquette dorée ?  En Provence, elle est  un mythe à l’origine de nombreux contes de garrigue, dont le roman de Paul Arène, « La Chèvre d’Or », publié en 1889.  A Eze, les anciens racontent que le violoniste yougoslave Zlatko Balokovic, en visite dans le village, se serait laissé guider par ce quadrupède poilu et doré, jusqu’à la bâtisse qu’il restaura et qui deviendrait le Château de la Chèvre d’Or.

D’autres rumeurs courent encore, plus farfelues, chuchotées par les commères des bancs publics.  L’hôtel devrait son nom à sa première propriétaire, une fermière qui élevait des chèvres (comme par hasard), dont elle vendait chaque semaine le lait au marché de Nice.  La légende veut qu’elle ait emmuré le produit de ses ventes ; trésor endormi et fort heureusement rescapé lors de la rénovation des lieux…  ouf, on a presque eu chaud !

Chimère, la Chèvre d’Or ?  Ah ça non !  Elle est « belle » et bien là, carrément perchée, fière, en tête de proue sur les toits de l’hôtel.  Et Madame tient sa cour !  Elle trône au-dessus d’un monde de personnages, sculptures qui, comme elle, grimpent  le flanc de la citadelle : chevaux, éléphants, lions, statues grecques, angelots…  C’est elle la grande patronne du drôle d’univers qui peuple les jardins de l’hôtel,  en mode « je me suis prise pour Alice au Pays des Merveilles ».

On est bien au pays des merveilles au restaurant gastronomique.  Car La Chèvre d’Or, avant d’être un hôtel-village, a fait ses débuts à table : en 1953, Robert Wolff ouvrait l’établissement ; c’est ensuite un client célèbre qui en assit la renommée : Walt Disney.

Place au spectacle, donc !  D’abord celui de la mer : à l’origine, il paraîtrait qu’Eze ait porté le nom d’« Avisione » ou « point de vue ».  On est ici sur un promontoire de 500 mètres, qui donne, panoramique, sur Saint-Jean-Cap-Ferrat et le ballet des yachts de la rade de Villefranche.  Parce que « the show must go on », il y a l’équipe de salle.  La démonstration culinaire est théâtrale.  L’ami Guillaume n’a pas changé, toujours à tournoyer, le verbe habile, autour des plats et des convives !  Et, pour couronner le tout, nos voisins : Nagui et Didier Deschamps…  En clair : les yeux dans la bleue, les yeux dans les bleus !

Douce France…  quand on sort du désert cuisant des Emirats et qu’en une journée, on retrouve des amis de longue date, qu’on reste des heures à la table d’un des plus beaux restaurants de la région…  que, parce qu’on finit toujours par s’y remettre, à table, la journée se couche sur une partie de pétanque et un barbecue sous les pins parasols, avec le Chef Stéphane Raimbault et le Chef Sommelier Pascal Paulze…  Oui, douce France.  Il aurait fallu encore un magnum de ce vin annonciateur « Chameau Ivre » pour faciliter le retour à la fournaise estivale de Dubai…  et oublier Nice pour ne garder que cette image, lumineuse, fraîche, d’une Côte d’Azur qui fait honneur à nos valeurs : la joie de vivre, la bonne chair, le vin, l’amour, la liberté.

Remerciements : Thierry Naidu et les équipes, fantastiques, du Château de la Chèvre d’Or.

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