Elbanana

12 août 2015
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C’est en quittant le continent, que notre poisse, elle aussi,  nous a quitté…  Pas trop tôt, vous m’direz!  Nous avons été étonnés de ne pas louper le ferry depuis Piombino.  Surpris d’arriver à l’avance, même…   Méfiance : pas possible que tout se passe si bien.  Effet « Ile d’Elbe » ?  Inch allah !

Isola d'Elba

Mais c’est qu’ça continue : nous trouvons la maison de Gloria, notre logeuse, sans encombre, quasiment du premier coup.  Presque trop beau pour être vrai.  Elle nous accueille avec ses deux chiens (qui ne nous mordent pas, en plus) dans son « piccolo paradiso », sur la route rieuse, qui se tortille de Marciana Marina à Poggio.

Gloria ne parle ni français, ni anglais, mais en mettant des « o » et de « a » à la fin de chaque mot, nous arrivons à nous faire comprendre ; elle fait des gestes et nous croyons la comprendre aussi.   On veut manger du bon poisson ?  Elle nous réserve une table à Capo Nord, sous la « Torre » du port de Marciana : vue mer, patron sympa qui claque volontiers la bise, p’tit coup d’blanc et espadon dare-dare.  Mais c’est qu’on commencerait presque à se sentir en vacances !

Parce qu’on en avait pas eu assez aux Cinque Terre, v’la qu’ ça recommence : des marches, des marches, et on grimpe, et on grimpe, jusqu’au point culminant de l’Ile, Monte Capanne, qui trône, fier comme un coq, comme un Napoléon, derrière le village de Boggio.  Là aussi, pour les feignasses, il y a toujours la solution de monter par le funiculaire.  Des petits paniers jaunes, pour 2 personnes maximum, suspendus au-dessus d’un vide intersidéral, sans trop de sécurité.  Bon, la gigne nous avait lâché depuis une journée, mais pas la peine de tenter le diable et risquer de valdinguer dans les airs.

De là-haut, c’est toute l’Ile qui se couche à vos pieds.  En cet instant, récompensés de l’effort, on se rend compte de toutes les criques, de sable noir, de galets, de gros rochers, qui découpent la côte au couteau.  Faire la crêpe sur une plage bondée, en jouant des coudes à coudes avec les voisins huilés, à inhaler les vapeurs de crème solaire ?  Non merci.  L’Ile d’Elbe se dévoile, dans son habit d’Eve, en bateau.  Pour 150 euros la journée, vous louez un 40 chevaux, sans permis, à Giacomo, sur le port.  Aïe.  Alors là, c’est obligé, il va nous arriver quelque chose.  C’est garanti, l’embrouille n’est pas loin, prête à sortir du buisson, à nous prendre de court !  Benh non !  Nous avons même eu la chance de nous baigner autour d’une épave de bateau, fantasmagorique sous l’eau, cernés par les poissons.  Pas de panne, pas d’accident, rien !

Le jour du départ, on en était déjà nostalgique.  Surtout que derrière, se profilait l’Auvergne aux eaux congelées, aussi redoutées que redoutables…  Clic, clac : changement de décor, direction le Cantal…

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