Banan’à Khasab

5 janvier 2015
By

La première fois que j’ai entendu le nom “Musandam”, c’était de la bouche très noire, assiégée d’une barbe toute aussi noire, de mon patron Omanais qui faisait référence à une de ses sociétés.   Kézako Musandam ?  Eh bien c’est ça : une exclave du Sultanat d’Oman, à la pointe de la péninsule arabique, toute seule là-haut… à moins de 50 km de l’Iran, sur le détroit d’Ormuz.  Stratégique, stratégique : c’est ici que transite 30 % du commerce mondial du pétrole, soit 17 millions de barils par jour.  Un p’tit tour en pétrolier ?

Musandam

Le 1er janvier, à peine amochés par le réveillon chez Alla, la p’tite copine du Captain Morgan, nous avons pris la route direction l’Oman.  Au bout de 3 heures, si vous ne vous perdez pas trop dans Ras el Khaïmah, vous arriverez à la frontière.  Ah, les joies du « check point » !  Benh non !  Figurez-vous que les douaniers omanais sont charmants, souriants, aimables, drôles même, lorsqu’ils font mine de fouiller votre voiture, explosent de rire devant vos tronches déconfites, puis vous font signe de passer.  Faut dire qu’on avait quelques bouteilles de vin planquées dans le coffre et il eut été fort regrettable de devoir s’en séparer !

Stairway to Heaven ?

L’Oman est un monde complètement différent.  En très peu de temps, vous êtes transportés loin, très loin de Dubaï, la capricieuse et superficielle Peste des Sables.  Vous êtes parti sur la lune, perdus au milieu d’ immenses montagnes de calcaire, le nez plein de poudre de craie, la bouche pâteuse à force d’avaler la poussière que les pneus du 4X4 soulèvent sur leur passage.  On est monté haut dans les « Jebels ».  Mr. E. pense même avoir trouvé le point d’arrivée du redoutable « Stairway to Heaven », un ancien chemin de bergers, connu par les alpinistes comme étant l’ascension la plus dangereuse du Moyen-Orient.  Du coup, danger oblige, pas une âme en vue, à part des biquettes.

En route pour l'Opéra de Muscat

Là-haut, sur ces montagnes aux allures de glaciers, il n’y a rien, mais alors RIEN.  Vous ne rencontrerez que des chèvres et des ânes.  D’ailleurs, les Omanais ne le savent pas, mais ce sont les chèvres et les ânes qui dirigent le pays…  Musandam : 30 000 habitants, un million de chèvres!  Nous avons vu des habitations, mais pas d’habitants.   Des ânes qui faisaient leur vie, qui se baladaient, qui avaient décidé d’aller à l’Opéra de Muscat, de prendre des vacances, quoi !

L'attraction touristique, c'était nous... pris en photo par des Omanais curieux devant un géant...

Mais où sont les gentils Omanais (car tous ceux que nous avons eu la chance de rencontrer étaient foncièrement adorables) ?  A Khasab (10 000 habitants), la capitale du gouvernorat, en bord de mer .  Ah oui, parce à Musandam, y’a pas que les montagnes dans la vie, y’a la mer aussi…  et même des fjords !  Oui, oui, des fjords, comme chez les scandinaves !  Avec des dauphins.  Nous avons donc fait les « tou-tous » et embarqué sur un dhow, en compagnie de touristes indiens trop nourris, d’américains trop contents, de français boudeurs et de locaux dragueurs.  En cette excellente compagnie, nous avons navigué le fjord de Sham, ici, dans la bien-nommée « Norvège d’Arabie ».

La Norvège d'Arabie

Après, l’appareil photo est tombé en rade…  le plus beau, que nous ne pouvions imaginer par une arrivée nocturne: la route côtière en contrefort de falaises claires et brutes, aux faux-airs d’Etretat, les eaux claires, turquoises, les longues plages toute blanches !

Se loger : http://www.atanahotels.com/
A lire avant de s’engager sur le « Stairway to Heaven » :
https://adalpine.wordpress.com/recent-activity/stairway-to-heaven-ras-al-khaimah-uae/

Tags: , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Page Facebook