La Boulangerie Vendôme Paris, mais à Dubaï

17 novembre 2014
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Quand ils montent une entreprise, quelle qu’elle soit, les français disent : « je prends le risque. »  Outre-Manche, nos amis anglo-saxons préfèrent s’exclamer : « I’ll take a chance ».  C’est toute la différence.  C’est un peu le pari que j’ai fait en quittant la France.  Aller vers l’inconnu.  Changer du tout au tout.  Et tenter ma chance.

Made in Dubai

Il s’avère qu’au bout de 10 mois, je n’en ai pas eu beaucoup, de chance.  Je suis tombée au mauvais endroit.  J’ai donc décidé de quitter mon job, sans rien derrière, parce que je préférais tenter ma chance que de risquer d’être malheureuse dans un endroit où l’on ne me respectait tout simplement pas.  Le jour où j’ai pris cette décision, mon chéri (et je n’aurais cesse de le remercier), m’a tout simplement suggéré un petit-déjeuner chez Vendôme, une boulangerie française implantée ici à Dubaï.

Autant vous dire que, cernée, en short et sans maquillage, je n’étais pas dans mon assiette.  Jusqu’au moment où, sur le trottoir qui longe, gourmand, la dite boulangerie, nous croisions le sourire rieur, jusqu’aux oreilles, de Mohammed, le patron des lieux.  Et nous avons rencontré quelqu’un qui a tenté sa chance à Dubaï, quand sa patrie, la France, ne lui exposait que des risques.

En 2006, Mohammed et son frère Ahmed, tous deux associés dans cette belle histoire, quittaient Paris, où ils avaient fait leurs classes, chez Accor, puis chez Ferrandi.  Ils ont atterri sur le marché, très chic, du lotissement (tout aussi chic) d’Arabian Ranches…  genre le Beverly Hills local.  Là, ils ont repris un petit fournil, dont ils partageaient les chambres froides avec des maraîchers peu scrupuleux de leur travail.  Qu’à cela ne tienne, ils se sont accrochés, comme des moules à leur rocher.  Ils ont parcouru les méandres administratifs d’une ville encore très jeune, à peine sortie du désert.  Ils ont négocié pour obtenir une eau vraiment filtrée, afin de pétrir leur bon pain, dans les règles de l’art.

Voici que les années ont passé et qu’ils sont maintenant à la tête d’une des boulangeries les plus cotées de la ville.  Et nous avons testé : le pain est fantastique, l’accueil aussi.  Mohammed nous a fait visiter, en large et en travers, son labo, copie presque conforme de leur nostalgique école : Ferrandi.  Et ils peuvent être fiers du résultat.  Je connais nombre de boulangers-pâtissiers en France qui rêveraient d’un tel outil de travail.

Et nos deux compères n’ont pas fini de développer leur affaire entre Dubaï et maintenant Abu Dhabi.  Ce que j’ai retrouvé chez eux, c’est ce qui me manque tant : le travail bien fait, la simplicité, le plaisir de faire plaisir.  Ils vous reçoivent chez eux comme si vous étiez chez vous, sans le bling-bling si caractéristique d’une ville qui a grandi trop vite et qui fait trop la belle.

Ils ne sont pas avares de conseils, se rendent disponibles, avec cœur.  Alors, tout ce qu’on leur souhaite, c’est de réaliser leur rêve premier, quand ils étaient tout jeunes en France et qu’on leur a refusé l’emprunt.  Ils voulaient alors monter une boulangerie à Paris.  Il leur aura fallu quitter le pays, pour trouver leur chance ailleurs et qu’enfin l’on reconnaisse leur persévérance.

Voilà donc deux garçons fantastiques qui ont vraiment la banane.  Enfin, une jolie rencontre qui rappelle que le savoir-faire français est ancré dans de belles valeurs, des vraies !

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One Response to La Boulangerie Vendôme Paris, mais à Dubaï

  1. 21 novembre 2014 at 19 h 55 min

    J’aime le courage ou « la chance » de Mohammed et d’Ahmed , leurs simplicités. A très bientôt.

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