Ma Yucca Banana !

29 janvier 2014
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Y a d’la joie !  Bonjour, bonjour les demoiselles…  Y’a d’la joie, quand on s’attable chez Mayucca !

Mayu, Stéphane Raimbault et Yucca

« Ma Yucca », pour Mayu et Yucca, les deux sœurs qui courent le plancher et la cuisine de ce petit restaurant intimiste de la rue de la Buffa à Nice.  « Ma Yucca » aussi, parce que, côté fourneaux, c’est l’affectueux sobriquet qu’on donnait à cette jolie cuisinière au large sourire.  Et enfin, pour la plante : le yucca…

Telles sont les origines de l’enseigne, que Monsieur Raimbault avait envie de découvrir depuis longtemps déjà.  Ses raisons à lui ?  « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas »…  notre Chef a toujours gardé une tendresse pour  Yucca, qui avait effectué son premier stage en cuisine à L’Oasis…  parce qu’il peut lui arriver d’être nostalgique de sa période « Osaka », neuf années passées aux commandes du piano de l’Hôtel Plaza, et d’avoir des envies, irrépressibles, d’une vraie bonne cuisine japonaise, sa « madeleine de Proust » à lui.

Voici donc que nous pénétrions dans le monde, joyeux et pétillant, de deux charmantes jeunes femmes, admirables pour leur courage, leur ardeur au travail et leur maîtrise de la cuisine.  Certes hybrides, certains plats faisant usage de produits méditerranéens, la tradition asiatique est prégnante, les assaisonnements précis et naturellement dépaysés.

Car le dépaysement, c’est l’histoire de sa vie, à notre chère Yucca.  Accroché au mur, un délicat tableau, tout en découpe, de sa grand-mère Noriko la représente devant son natal Mont Fuji, évoque le voyage depuis le pays des cerisiers jusqu’à la France…  Le chemin de Yucca a cavalé de L’Oasis, jusqu’à Courchevel, un bref retour à Tokyo, puis à la brasserie du Palais Stéphanie, sur la Croisette.  C’est Patrick Frey, bonne étoile, qui lui a fait confiance et portée dans l’ouverture de son restaurant ; ce sont les Chefs japonais de Nice dont elle souligne, le regard scintillant, toute la solidarité.

Il y a beaucoup de bienveillance chez Mayucca, de belles ondes bien méritées par ces deux sœurs, dont la joie se réverbère sur l’assiette.  Nous avons commencé le repas  par un apéritif, comme il se doit : cocktail yuzu-champagne pour Monsieur Raimbault, « umé » (liqueur de prune) et champagne pour moi car, dixit le Chef, c’est plus féminin…  puis du saké en veux-tu en voilà.  Très bon, le saké, ça donne bien chaud, ça brouille un peu les neurones, mais nous n’avons pas pour autant oublié ce que nous avons dégusté !

Une trilogie d’entrées japonaises et algues (à quoi bon s’priver !) : germes de soja à l’huile de sésame, potimarron cuit à la sauce soja (bouillon extraordinaire), tofu aux œufs…  parce qu’on est gourmand, un ravioli vapeur aux crevettes s’est immiscé dans cette histoire, avant de laisser place à de petits rougets poêlés yuzu et miso, puis un tartare de bœuf au couteau à la japonaise (assaisonné ail, gingembre, huile de sésame et sauce soja)…  Parce que Chef Raimbault, vous l’avez compris depuis le temps, a bel appétit, en dessert, c’est tout un assortiment qui a subi les foudres de son coup de fourchette !

Malgré ce généreux défilé d’assiettes, on se sent très bien quand on sort de chez Mayucca ; on a mangé pour se faire plaisir (comme d’habitude), avec en prime la sensation de s’être fait du bien !  Attention, cela ne veut pas dire que leur cuisine soit une cuisine de filles Canderel, obsédées par leur ligne longiligne…  Pas de dînette de gamines chez Mayucca !  Vous êtes chez des pros ici, rue de la Buffa !

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