Mloukhiya Banana…

10 avril 2014
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Bon, pour certains, Dubai c’est le superficiel, les sacs Chanel, les Porsche Cayenne…  Et ce n’est pas entièrement faux.  Pour d’autres, c’est une simple soirée entre voisins, au pied levé, comme on le faisait au Cannet (spécial dédicace à Ben & Dada…  vous me manquez !).

Alya

Hier soir, c’était vraiment couleur locale !  D’abord, quand on dit qu’on arrive à 7h30, on se pointe facile à 9 heures.  Quand on pensait être 4, on passe tout aussi vite à 11.  Tout cela, dans la joie et la bonne humeur, chez des voisins qui font la fête H-24, en mode « chez nous, c’est soirée portes-ouvertes »…

Présentons-les un peu ces fameux voisins : Alya, pétillante yéménite et cuisinière émérite, Richard, anglo-philippin à l’impeccable accent british, qui aime partager son vin…  pour ça, on dit « merci bien ! ».  Embarqués dans cette histoire, nous étions deux français et une russe, avec d’être rejoints, quelques heures plus tard, juste à temps pour passer à table, par un de leurs amis new yorkais, un palestinien, une allemande et des libanais qui avaient dans leurs bagages un houmous d’enfer…  métissage façon « United Colors of Benetton » pour un plat typiquement oriental et malheureusement méconnu : la « mloukhiya ».

mloukhiya

Dans tout le Moyen-Orient, on en dit ceci : soit on l’adore, soit on adore la détester !  Normal : la mloukhiya se situe entre l’épinard et la chicorée, ce qui nous renvoie quelque part entre les rationnements de la guerre et les pires souvenirs de cantoche.  Ça commence bien !

Mais c’est pas fini !  Ce légume (la jute en français) a la fâcheuse tendance à baver tout comme les escargots dans leur marmite : et vas-y que je dégouline comme une limasse, bien gluante, que j’aime me répandre en prenant parfois une couleur maronnasse (ça, c’est quand on l’oublie et qu’on la laisse bouillir !). Cerise sur le gâteau, la mloukhiya donne chaud, très chaud, avec pour deuxième effet « Kiss Cool » un sauna gratos.  Autant vous dire que dans ces conditions de partage, il faut que tous les convives en mangent, d’autant que cette soupe visqueuse est bourrée d’ail, et pas qu’un peu !

aïe, aïe, aïe

Quand nous sommes entrés dans la cuisine d’Alya, rien n’était prêt.  On a donc mis la main à la pâte (certains plus que d’autres, n’est-ce pas, Mr. E ?).  Hacher les oignons à en pleurer, la coriandre, les tomates, bouillir le riz, et surtout frire, frire, frire, le poulet, les vermicelles…  Fort heureusement, Alya planque des trésors d’huile d’olive dans chaque placard de sa cuisine.  Je ne serais pas étonnée d’en trouver dans son dressing, dans sa salle de bain ou entre deux Louboutins…  Elle dit en mettre un peu partout, mais je ne suis pas rentrée dans les détails.  Bref, notre séance de sauna, nous l’avons eu avant le dîner, entre le vin nécessaire à bien cuisiner et les vapeurs de toutes ces casseroles et poêles !

"I cook with wine. Sometimes, I even add it to the food." W.C. Fields

Ca faisait longtemps que je n’avais mangé aussi bonne mloukhiya…  le pantalon s’en est bien rendu compte pendant les deux heures qu’il faut pour la digérer.  Le principe est d’une simplicité déconcertante : le riz gonfle dans la soupe, la soupe gonfle dans l’estomac et bonjour les dégâts !    Yallah !

yallah !

Si, après tout cela, vous vouliez expérimenter la verte mloukhiya, à ma connaissance, ils en servent certains jours de la semaine chez Al Ajami, rue François Premier dans le 8ème arrondissement.  Mieux vaut donc la préparer soit même !  Si vous n’avez pas la chance d’avoir une voisine comme Alya, vous trouverez cette plante dans les magasins spécialisés, en sacs surgelés.

Il faut commencer par faire bouillir des morceaux de poulet et/ou d’agneau dans de l’eau avec de l’oignon émincé et préalablement revenu dans de l’huile d’olive, des épices à shawarma, de la cannelle et une belle quantité de bouillons cube (ensuite, il conviendra, ou pas, de frire la viande…  perso, je préfère pas !).

Une fois que tout est cuit, on passe le poulet à la passoire et on garde le bouillon de cuisson pour faire cuire la mloukhiya.  Il faut la faire cuire tout doucement, jusqu’à ce que de l’écume apparaisse en surface et là, STOP !  On la retire du feu, sinon, la soupe noircira.  On incorpore une quantité exagérée d’ail revenu avec beaucoup, beaucoup de coriandre et…  d’huile !

Oh, bien sûr, vous aurez préparé du riz blanc dans un rice cooker (en option, on peut mélanger, comme Alya, avec des vermicelles frits).  Ensuite, on sert le riz dans une assiette creuse.  On verse de grosses louches de mloukhiya, on ajoute le poulet/agneau.  Les condiments ?  Comme pour les huîtres : échalotes et vinaigre rouge ou citron !  Bon ap !

attaque à l'aubergine...

 

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